L'HUMANITE ABOLIE PAR LE REGLEMENT |
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Après cinq jours de voyage, entassés dans des wagons à bestiaux, assoiffés et affamés les nouveaux détenus se retrouvent totalement désorientés dans ce que l'on pourrait appeler l'enfer sur terre. Le convoi arrêté et les portes enfin ouvertes par les soldats, ce sont des centaines de prisonniers qui peuvent sortir du train. Mais pour ceux que le hasard a choisi, le prix d'une goulée d'air est le chemin direct aux chambres à gaz. Les autres "650 pièces" doivent subir le tri d'arrivée. Seuls les hommes jugés aptes au travail sont réceptionnés et emmenés en camion par un soldat allemand jouant le rôle de Charon: le passeur des Enfers dans la mythologie grecque. Les " pièces " restantes sont destinées à faire fonctionner les fours crématoires. Si une bonne partie des déportés est immédiatement destinés à la mort alors pourquoi leur avoir fait subir cinq jours interminables? Toute cette absurdité sera poursuivie dans la survie quotidienne. En effet le deuxième et troisième chapitres de l'oeuvre décrivent une journée type au camp soit 24h d'immoralité renouvelée indéfiniment. Le rituel d'arrivée se compose de cinq étapes. Tout d'abord leurs vêtements et affaires personnelles sont confisqués et entassés dans des entrepôts. Plus rien ne leur appartient excepté l'habit qu'ils sont tous contraints de porter. Les questions ont beau fuser de la part des prisonniers l'interprète leur répond invariablement " ici il n'y a pas de pourquoi". Cette phrase signifie qu'il ne faut surtout pas chercher à comprendre car les règles imposées de l'univers concentrationnaire sont à la fois rigides et totalement absurdes. |