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CONSEQUENCES DU SYSTEME CONCENTRATIONNAIRE SUR LES INDIVIDUS |
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Plus d'1,2 millions de personnes sont mortes à Auschwitz. En effet, beaucoup ont été gazé, une grande partie a succombé à l'épuisement et certains n'ont pas résisté aux expériences médicales. Celles ci allaient de la castration, la stérilisation à l'étude de la résistance du corps humain au froid et aux brûlures. Ajoutons à cela l'évacuation du camp en hiver 45, durant laquelle les retardataires furent fusillés ou périrent dans le froid. Les réscapés , après un voyage éprouvant à la sortie du camp, fragilisés par les carences alimentaires et les maladies, doivent se réhabituer à la vie de tous les jours. De retour de l'enfer, certains éprouvent un besoin intrinsèque de révéler la vérité, même inaudible et indicible, au monde. Leur principale difficulté est de faire comprendre l'horreur qu'ils ont enduré à ceux qui ne l'ont pas vécue. L'expérience ne peut être complètement transmise car les mots sont insuffisants pour décrire cette monstruosité. Par ailleurs si pendant les premières années les récits ne trouvent d'auditoire, c'est à cause de la lassitude qu'éprouve la population face aux effets destructeurs de la guerre en général. Mais cette nécessité d'ouvrir les yeux aux civils n'étant pas assouvie, elle va se traduire pour certains, tel que Primo Levi, par la diffusion d'oeuvres de témoignages. En revanche, pour d'autres écrire fût un exutoire exceptionnel, ce qui révèle une fragilité psychologique. Jean, le " pikolo " rencontrant Primo Levi lors de ses vacances en Italie, lui avoue ne plus se souvenir de son année à Monowitz. Cette absence de souvenirs s'est faite inconsciemment afin d'éviter de souffrir, phénomène constaté chez des personnes ayant subi de lourds traumatismes. Contrairement à Jean, le mois de détention de Charles a suffi à le marquer suffisamment pour lui ôter le goût de la vie. Quant à Arthur, il a décidé de s'isoler de ses compagnons de galère qui auraient pu " réveiller en lui d'anciennes angoisses ". Cette attitude ressemble à ce qu'on a appelé " le mal des déportés" dont furent également touchés Lorenzo et Primo Levi. Ce mal a provoqué de nombreux suicides après la libération des camps. En effet Primo s'est suicidé en se jetant dans sa cage d'escalier quelques années plus tard alors que Lorenzo se laissait mourir. " le monde il l'avait vu, il ne l'aimait pas, il le sentait crouler autour de lui, vivre ne l'intéressait plus ". On peut avoir beaucoup d'admiration pour ceux qui se sont sortis de l'horreur par chance ou par volonté mais l'expérience du système concentrationnaire, marquée au fer rouge dans leur mémoire, les a tout de même condamnés.
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